Fellini 8 1/2 Couleur // Photographies de Paul Ronald

C’est dans le cadre fastueux de l’abbaye de Montmajour, que le commissaire et directeur des Rencontres Sam Stourdzé a présenté ce mardi 7 juillet l’exposition consacrée à Paul Ronald.

L’exposition a été produite en partenariat avec la Maison du diable à Sion, soutenue financièrement par la Fondation Fellini pour le cinéma et le musée de l’Elysée à Lausanne.

Photographe de plateau né en 1924, Paul Ronald a été formé par G. R. Aldo, grand directeur photo pendant l’âge d’or du cinéma italien d’après-guerre.

Missionné par la production des studios Cinecitta pour réaliser le reportage photographique du film en noir et blanc, Paul Ronald a eu la bonne idée de doubler son travail avec un deuxième appareil équipé en couleur. Les photographies développées n’ont pas été utilisées en leur temps, considérées par les décisionnaires du film comme inutiles et trop couteuses. Dans le contexte des années 1970 il était encore d’usage de privilégier les reportages en noir et blanc pour la presse pour ces raisons à la fois financières et pratiques.

Ces photographies ont été exhumées par Piero Servo, premier assistant de Federico Fellini et directeur de l’agence AFE à Rome, engagée dans la promotion et la reconnaissance de la photographie de cinéma. Il a notamment été le Premier Assistant du monumental Fellini Roma (1972).

Piero Servo a également  travaillé à la réalisation de l’exposition avec Sam Stourdzé, Antonio Moraldi et Anouk Aimée.

Ces images en couleur de Paul Ronald ouvrent aujourd’hui une nouvelle dimension, éminemment contemporaine sur ce film mythique du réalisateur italien.

Une belle part de ses images, imprimée sur papier affiche et d’assez grand format, permettent une grande proximité avec les sujets photographiés. Des extraits de la discussion entamés entre Sam Stourdzé et Anouk Aimée, accompagnent idéalement ces retrouvailles en lui fournissant une actualité sous le regard privilégié de l’actrice.

Les figures féminines de Fellini élévées au rang d’icône éternelle dans son esthétique quasi-fétichiste, se retrouvent ici étonnamment vivantes. La fraicheur du verre d’eau tendue par Claudia Cardinale attendrait presque le spectateur dont les yeux frôlent l’image.

Lydie Essayan

A voir jusqu’au 20 septembre, de 10h à 18h30 à l’abbaye de Montmajour.